Mobile Payment Expo 09 – Solutions NFC

15 juillet 2009 Pas de commentaire

brahamiMilieu du mois de juin, se déroulait à Paris le salon mobile payment expo 09. Une première, pour notre petite équipe. Nous avons promené notre bon vieux N93 fureteur dans les allées du salon dédiées aux solutions utiles au paiement mobile.

Je me permets de présenter nos excuses publiques aux participants qui ont eu la gentillesse de m’accorder quelques minutes et dont les phonecasts ont bien failli disparaître, la faute à un format MP4 récalcitrant qui n’autorisait aucun chargement sur une plateforme d’hébergement en ligne. On y est finalement arrivé. Youpi-yé. Toutes mes excuses pour le délai.

Et en fait, en débriefant ces différents interviews, je me suis rendu compte assez rapidement que, sans en être la vocation initiale, ces vidéos donnent aussi une sorte de fil rouge au microcosme du paiement mobile à l’horizon 2009.

Un panorama que nous évoquons en trois grands territoires, qui me semblent résumer l’univers du paiement par un téléphone mobile pour le néophyte :

- Micro-paiement mobile
- Facilitation de commerce mobile
- Solutions NFC pures

Pour une meilleure lisibilité, j’ai décidé de découper ce panorama selon ces trois grands thèmes, La troisième et dernière partie parlera donc de :

Solutions NFC pures.

Il a beaucoup été fait référence, pendant le salon sur les stands et dans les conférences, de l’arrivée des solutions NFC d’ailleurs évoquées ici même par David, dans un précédent article. Ainsi demain, à l’instar de nos cartes de voyageurs sans contact Navigo à Paris (Bip à Bruxelles) notre téléphone, comme l’ouvre guichet automatique de nos pare-brises sur les autoroutes, sera capable de communiquer avec son environnement. Soit pour nous fournir des accès payants à un transport, à un parking, à une autoroute ou même à notre baguette quotidienne, soit pour nous fournir des publicités interactives que l’on opt-inisera en passant son terminal à proximité (réinstaurant au passage la notion de choix en publicité).

On a donc beaucoup parlé de NFC au salon, et du cas Navigo qui a permis en quelques années d’application, de réduire les coûts papier de la RATP, autant que les coûts d’entretien des portillons mobile appelés moins régulièrement à se bloquer pour cause de ticket récalcitrant. On a aussi beaucoup évoqué les exemples de NFC asiatiques où cette technologie explose pour tout une série d’applications, et de la Chine où l’opérateur a eu l’intelligence de se positionner méta portail de sites et applications NFC… ou appstore du NFC pour donner une image qui parle immédiatement.

On a parlé beaucoup de ces exemples de réussites pratiques, et on les a évoqué comme des pistes de travail concrètes pour les opérateurs français qui seraient en train d’explorer avec les éditeurs de cartes SIM des solutions de carte SIM communicantes, capables de stocker des informations cryptées en local dans un secteur de la carte, communiquer avec le monde extérieur, mais aussi gérer les kiosques d’applications à ouvrir au déclenchement de la reconnaissance NFC. Pour ceux à qui l’époque parle encore, c’est comme si les kiosques de services SMS SIM se faisaient une jeunesse , avec l’apparition de la technologie sans contact et la popularisation de l’internet mobile.

On a beaucoup parlé de potentiel, d’évidence de la solution pour les applications grand public, du gain de temps chaque mois à l’entrée des gares depuis Navigo… Et on a peu parlé du facteur marketing. Le fameux facteur marketing à la française….

Ainsi, sur le salon, j’ai découvert que la technologie NFC subissait (déjà) le même type de concurrence qui a émergé au début des solutions codes barres 2D. Soit une compétition entre plusieurs solutions NFC et une bataille entre plusieurs prestations de services « portail ». En gros, et pour schématiser (je sens que les commentaires vont « chauffer ») , certains constructeurs comme Nokia essaient de promouvoir une solution NFC embarquée sur le terminal, tandis que les opérateurs français seraient quant à eux en train d’explorer des pistes plus « propriétaires » avec les fournisseurs de carte SIM. Une petite bagarre à la Apple Iphone sur fond de « qui détient l’accès au NFC ? Le constructeur ou l’opérateur ? » qui est en train de se dérouler en sourdine, tandis que les prestataires de solutions communicantes sont quant à eux en position d’observateur, capables de travailler avec l’un ou l’autre des « gagnants » en fonction de la solution qui émergera : standard opérateur, ou standard constructeur.

Si ce discours vous rappelle un peu le principe de la bataille pour le code 2D à l’époque, sachez qu’à moi aussi, et que les questions que j’ai eu l’occasion de poser lors du salon, ne m’ont pas forcément apporté de réponse en forme d’apaisement. On espère que l’acheteur de téléphone en pack et l’acheteur de téléphones « nus » n’auront pas deux solutions concurrentes dans le terminal, et de difficulté à comprendre quel standard utiliser de préférence. Cette option additionnée au véto des banques à laisser facilement l’opérateur devenir prestataire de services bancaires pour l’achat de contenus matérialisés, -venant concurrencer sur son propre terrain le principe même de la carte bleue- m’ouvre un large territoire de craintes. Le passé à démontré que cette bataille d’initiés et d’intérêts divergents fait deux types de victimes collatérales :

- La technologie elle-même : quel éditeur de service se risquera à lancer un service grand public s’il n’a pas un minimum de garanties de toucher un nombre de clients suffisants ? Comment éduquer un public non technophile, à des solutions similaires mais concurrentes, embarquées sur le même terminal ? Comment populariser des standards multiples ?
- Les services embarqués : le passé a montré que l’utilisateur se méfie, défie, ou attend une harmonisation pour s’enticher d’une technologie. L’iphone en est un bel exemple, lui qui par son approche unitaire vient de populariser l’internet mobile auprès des annonceurs, là ou les multiples langages d’avant ne les engageaient pas sur la voie d’un développement de site mobile. Et de son côté, depuis que le principe de l’itunes, appstore est un modèle qu’il comprend, le grand public commence à se pencher massivement sur l’internet mobile. Ce que ni Gallery, ni les codes 2D, etc. ne sont parvenus à faire faute d’unicité, de praticité, de discours unique, de victoire populaire. Par ailleurs, puisqu’on parle beaucoup de services bancaires dans un salon comme mobile payment, seule une unicité de discours peut amener le niveau de confiance nécessaire à l’utilisateur quand il aura à entrer ses coordonnées bancaires pour initialiser un service de gestion de compte, de ticket de métro ou de paiement de cannette à un distributeur (allez avouez-moi que vous aussi au moment de mettre votre numéro de CB sur itunes vous avez ressenti une petite appréhension. Imaginez maintenant cette appréhension, si vous n’étiez pas sûr de l’éditeur de la solution ou de sa pertinence).

La clé de la technologie NFC grand public tiendra à deux mot clés : unicité et confiance. Une fois ces points validés par le grand public, on pourra imaginer les services grand public de paiement, de couponing, de carte de bibliothèque, de publicité ciblée… unanimement acclamée par le grand public et à ce titre véritable succès industriel appliqué.

FAMOCO, représenté sur le salon par Lionel Brahami est prêt à développer les portails communicants avec la solution NFC embarquée. Fournir un portail spécifique de services, activé dès que l’utilisateur passe son téléphone devant un «émetteur » est la spécialité de l’entreprise qui travaille en Asie à ce type de développements. Dans les starting blocks pour la génération suivante de services mobiles, Famoco attend que cette solution se popularise en France pour développer les sites et solutions mobiles en relation avec cette solution technique. On lui souhaite le meilleur pour 2009, malgré une année en crises de toutes sortes (économiques et sanitaires) ne poussant pas le consommateur final ni à se balader dans les lieux de foule, ni à consommer « indolore » (le grand bénéfice à mon sens de la NFC est qu’il limite le nombre d’actions entre l’envie et l’achat…et déplace la douloureuse en fin de mois, à la réception de la facture d’abonnement, si l’opérateur parvient à devenir prestataire de services bancaires).

Lionel Brahami – Famoco from Mofrance on Vimeo.

Voici résumée en trois parties notre vision rapide du salon mobile payment expo 2009. Espérant qu’elle en rende, même tardivement un regard proche de la réalité. Et on essayera de faire mieux la prochaine fois.

Denis Verloes

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L'Auteur:

Denis Verloes

Chef de projet web et mobile depuis 2001. En agence et chez l'annonceur.  Initiateur du réseau Mobile en France en 2010.